Poésie

21 février 2019

Difficile d'écrire sans la spatialisation sonore car j'ai déplacé ma chaîne hi-fi.

« Regarder les vidéos des autres, c’est très impoli, les commenter de manière détournée, c’est en outre lâche et petit, surtout venant de gens qui sont peu actifs sur le Web et ne l’utilisent que pour se faire de la pub, car les vidéos, c’est une intimité avant tout. Enfin mes vidéos ont pour but de déplaire plus que de plaire, car l’essence de la création est de déplaire intelligemment, de rendre le laid beau, par illusion. Quand il n’y réussit pas, la moindre des politesses est de feindre d’ignorer, comme le disent toutes les mamans à leurs enfants pour qu’ils se défendent de ce qui les dérange. »

En dehors de ça, je ne regarde mes vidéos qu’une ou deux fois et les supprime systématiquement. Leur présence permanente me rendrait fou.

Dormant comme toujours dans un immense lit de plumes d’oies, ce dernier vole et vole au-dessus des maisons.

Le désespoir s’assombrit sérieusement. Il creuse son magique terreau de vide et de continence.

Je me suis dit que l’on pourrait peut-être décrotter les sabots crottés d’un cheval ensemble. Et puis ensuite aussi marcher dans des clairières inondées de lumières printanière ou estivales. On y dormirait la nuit si la température permet.

Il faudrait aussi penser à mettre la wi-fi dans le chalet pour nous construit au milieu des bois. On aura une vue sur les cimes au balcon, puis sur le reste à l’intérieur.

Peut-être un arrivage de couches pour nos bébés arrivera-t-il par les cigognes bientôt. Car là où nous sommes, point de Supermarché.

Tu as une araignée qui grimpe à vive allure sur ton dos : laisse-moi te l’enlever.

Un grand ménage s’impose sur la planète en ces temps-ci paraît-il. Il faut ratiboiser large d’après les dernière nouvelles : raser les champs, raser les forêts, faire entrer les volcans en éruptions, énerver les policiers, énerver les pauvres, mais la tendresse elle aussi fait des ravages : les champs repoussent, les forêts renaissent, les volcans sont muets, les policiers à la retraite et les pauvres pleinement rassurés, les mers ne contiennent plus de dépôts trop sales, par contre l’eau des douches et des baignoires se noircit de plus en plus, les flammes incendient les pompiers de la terre entière, l’eau noie les nomades des déserts, les roses sont grises, les cimetières sont le nouveau lieu des enterrement de vies de jeunes filles et de jeunes garçons. Très étrange. O vie incongrue !

Tu entends les trompettes ? Soufflées par des animaux au soir calme. Entraînons donc nos jambes à avancer plus lestement. Car ça s’apaise comme dans du beurre. L’heure est au sommeil de longue date. Mettons le réveil pour qu’il annonce indéfiniment 365 jours par an, mettons aussi de la confiture sur les tartines, et du chocolat dans les gâteaux. Aussi, un Big Mac aux insectes, comme en Asie.

Mettons la tête de la terre sur le soleil, son corps sur Mercure et ses pieds dans nos chaussettes, là la marche sera leste, viens, viens, tu nous sens nous envoler victorieusement dans les airs ? Courses infinies des humains célestes qui partent à deux pour aller et aller gaiement.

Tu entends encore les trompettes : celles qui résonnent au concert ? Si je te connaissais, toi à qui je parles, peut-être que je te prendrai dans mes bras pour un éternel baiser d’amour.

 

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19 février 2019

Petit poème sur Bach encore.

Quelle est cette île de tranquillité où je me trouve ? Dis-le-moi toi qui sais. Une crypte ? Une sacristie ? Quoi ? Des toilettes pour hommes ? Ah bon. C’est un peu décevant comme constat. Je me sentais si bien : il faut ouvrir les portes de ces toilettes et sortir s’égayer ! Comme les oiseaux du matin qui chantent dès l’aube mieux que les Divas et sans faire tout le tintamarre : oui, comme l’orchestre symphonique aviaire matutinal. Ah ! Grâce des grâces ! J’entends, que dis-je ? Je vois le ciel qui s’embrasse et m’embrasse, la joie ! Quoi donc ? De la poudre de perlimpinpin ? Vraiment ? Même pas des flocons de neige embrasant de beauté la splendeur des paysages ? Mais allons ! Sortons encore alors, ouvrons la deuxième porte : Oh ! Tout vole dans l’immensité ! Regarde les ailes douces planant par milliers dans les airs. Voilà que la pluie tombe comme un chagrin du soir et des nuits tombales à l’ancienne que, dieu merci, à l’heure actuelle, grâce au web, nous transformons en joyeuses lumières d’écrans à toute heure. Mais n’oublions pas, prions Marie pour les chagrins, à jamais, qu’elle entende nos vœux et qu’elle puisse pardonner aux évangiles d’être aussi mal écrits, si mal qu’on ne peut y croire une seconde. La solennité des clercs avec leur dépouillé mais toujours reconnaissable entre milles (à cause du truc blanc sur le col) jupon noir (LGBTQ ?) voudrait nous faire croire le contraire. Bah ! En fouillant bien, on trouvera bien de jolies prières à chanter ensemble toi et moi, juste pour rire. Quoi ? Tu pries le coran ? Bah ! Mais comme moi, rassure-moi, pour t’amuser, pour faire ta gym’ du quotidien rien de plus. Oui ? Bon, donc nous sommes potes pour la vie : reste plus qu’à trouver, moi dans la bible, toi dans le coran, moi à l’église, toi à la mosquée de quoi nous approvisionner en douceurs verbales anti-pêcheresses.

Car le mal et diable ne font pas de cadeaux : le désordre ordonné monte en moi, mais c’eût pu être le malin ! Oui.

Douceur d’un Ange, viens mon ami, montons sur ses ailes : dieu qu’il va haut ! C’est Harry Potter sur son balai ! La sorcière Cruella !

Je suis terrassé par l’eau qui tombe du ciel. Le déluge quoi. Et toi ? Ah tu veux entrer au royaume des morts pour revoir ton grand-père ? Tu le vois ? Il est aux cieux lui aussi ? Avec des centaines d’anges ? Et des femmes ? A son âge je ne pense pas que c’est sa priorité. Ah oui, il cultive un jardin grand comme le cosmos avec sa femme, ah d’accord, je n’avais pas compris ça. Ma foi, ta religion, c’est quand même autre chose que la mienne. Le déluge, c’est un peu mouillant. Le jardin qu’on cultive en revanche, c’est vraiment une belle image voltairienne.

 

 

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18 février 2019

Sur l'orgue de Bach, il y'a comme de doux "hélas !"

La plupart des grands auteurs aimaient la musique simple qui parlait directement à leur coeur et les grands compositeurs la lecture simple qui faisait de même, ainsi Bach : la Bible sans doute et difficile de faire plus simple. Point irréconciliable toutefois, hélas.

En défaillance cardiaque, les pauvres gens s’en vont lentement mais sûrement, vers leur propre et certaine extinction. Fermons donc les rideaux et, en leur hommage, taisons-nous dans le silence des belles notes ou des beaux mots, ou des belles images, films X compris.

En hommage à nos futurs défunts en recherche de lumière mais qui ne la trouverons plus, défuntons-nous nous-mêmes, en feintant, eh ! Et pourquoi pas ? C’est là l’humour capricieux que de feinter une reprise de balle dans le sport mais partout ailleurs dans les autres domaines aussi en fait.

En hommage à la vie qu’il nous reste quand on vient juste de naître, commençons l’ouvrage immense, le livre imperturbable au fier maintien, commençons les travaux ouvriers, BEP, écoles d’artisanat, BAC professionnel, acceptons avant le biberon plein de lait, déjà cette manie de tout remplir oui, dès le début et même le biberon. Un jour, certains remplirons leur corps de choses, mais de choses ! Oh, là, là, des choses ! Je ne veux pas savoir lesquelles.

En hommage à la pierre tombale bellement marbrée des riches familles, les gilets jaunes peuvent pisser un coup après un barbec’ merguez et une bonne bière, c’est justice il me semble.

En hommage au corps irradié de lumière du crétin des Alpes qui est nous tous, tombons dans un gouffre quelconque.

Pour les lézards, il faudrait que nous nous appropriions leur langue, ça nous changerait, il y’avait un film dans le temps, ou une série, « V », qui était rempli de ces personnages à la langue de lézard, d’autres ont pu emprunter aux langues de vipères, oui, je sais, c’est si commun comme idée en 2019 mais bien trouvé.

En hommage à la terre qui fait naître la verdure et enterrait les morts autrefois, courons sur elle en nous tenant par la main, s’il y’a des gens qui se plaisent, ils pourront faire l’amour librement sur une table des bois ou contre un arbre, mais soyons prêteurs dans tous les cas, ou sinon, quelques-uns pourront vivre plus raccords et dignement, ils seront moins beaux que les autres le plus souvent, mais tous s'ennuieront tôt ou tard, et ça on le sait avec certitude. L’amour à géométrie variable est celui le plus refoulé de la vie si ça se trouve, mais comment le pratiquerait-on, avec tous les « totems et tabous », et puis, tout est lassant à la fin, même ça, même tout ça, tout ce que j’écris est déjà lassé aussi d’avoir été écrit.

Tranquille dans le désert avec je ne sais qui, des autochtones sans doute, la drogue comme la souffrance tourne et tourne de mains en mains, il n’y a que des hommes.

Merci pour ton câlin, musique, il me berce, la vie de l’esprit est mieux que celle du corps, avec l’âge on le devine de plus en plus, sauf les parasites qui vivent leur métier comme le scotch sur Haddock dans « vol 714 pour Sydney », c’est-à-dire toute cette infecte et horrible majorité qui n’existe qu’à la télé et sur le web, jusqu’à l’infection et la nausée.

La nausée, je l’ai en moi, tellement en moi que je ne la sens pas, que je ne la sens plus du moins. Tout n’est que paix en moi, une flûte chante comme un ange à mes oreilles une mélodie inventée par les cieux, je dis ça pour m’amuser, car j’aime m’amuser, j’aimerai toujours m’amuser sérieusement, pas en me pliant car je n’ai jamais pu plier à quoique ce soit du corps social, et la soumission et la peur m'ont mangé tant et tant qu’elles aussi ont disparues de moi, le charme et la verdure sont de retour, les lézards et les serpents aussi, la frénésie d’une orgie musicale plutôt que de corps enfin se rend dignement et comme toutes les douces nuits à son heure bleue de mer caraïbéenne.

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17 février 2019

Sur l'orgue de Bach (qui est un ogre angélique).

Je marche comme dans un champ rempli de pédales de vélos. C’est bizarre et compliqué, mais ma foi, on n’a pas tout ce qu’on veut dans la vie. Il y’a aussi des orties et j’aurais préféré de la menthe, mais, ma foi, c’est comme ça et pas autrement. J’ai vu aussi une corde du pendu, j’y ai mis un cochon pour qu’il fasse le « cochon pendu », mais ça c’est une vieille blague cachée quelque part dans un coin de mon enfance, donc je passe. Vous voyez, c’est comme dans certains jeux télévisés : ils disent : « je passe, je prends » : tu prends qui en fait ? Mieux serait que tu prennes le train pour traverser les Océans et rejoindre le ciel ensoleillé dans un joli coin d’île paradisiaque où tu te retrouverais en tongs, mais ne fais pas comme moi à marcher dans des champs de pédales de vélos, c’est ferraille et chaîne glissante régulièrement graissée alors je ne te raconte pas les promenades, si tu vois où je veux en venir.

Dans les champs où les matériaux de vélo sont légions et où l’on marche hardiment, des têtes d’anges font parfois leur apparition, certes. On pose nos culs dessus, si, c’est permis, ils acceptent toujours cela avec un grand sourire qu’on pose nos séants sur leur beau crâne tout blanc. Il faudrait peut-être qu’on nous mette des tape-culs ici dans ce champ, histoire de rigoler avec des ustensiles quelconques. Ou des attrape-mouches aussi, nous volerions plus aisément pour attraper tout pleins d’insectes volants avec nous, mais un peu plus haut quand même.

Il faudrait aussi des joies dépouilléees, c’est-à-dire à l’ancienne, sans images trop colorées et pétaradantes, pas honteusement trafiquées façon jeux vidéos et naturelles, paysages grandioses par exemple, comme dans le film « les frères sisters »,  excellent, de Jacques Audiard, ou, encore et encore, mets-moi douze bons films dans le cul, c’est doux et léger à la pénétration anale, oui, farpaitement, nulle sodomie, nulle violence lorsque le loisir est bon et convient.

Sous le champ de matériaux de vélos, il y’a de la terre : c’est assez rafraîchissant. Et on voit même les taupes en cette saison, on boit des cafés et du thé vert avec elles, leurs demeures tout en innombrables complexes de tuyauteries, c’est quand même autre chose qu’un intestin grêle du point de vue qualitatif, je puis l’assurer.

Et puis j’aime le nez tout en moustaches des taupes et de tous les autres petits mammifères, c’est adorable, même si pour eux ça a fonction de repérages divers et de flair pour sentir le danger du prédateur ou chercher la faiblesse de ceux et celles qui seront par eux dévorés tout crus, style le chat avec le mulot ou la souris.

La boue a recouvert le champ, une immense pluie drue tombe, un incendie s’allume : tout disparaît dans la fantasmagorie de cet écrit pour le moins very strange et que je ne pensais pas écrire un jour tant il est aussi stupide que cousu de fil rose (comme tes habits magiques, O grenouille angélique et si belle !).

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10 février 2019

Poème sur le tout début de la huitième de Chostakovitch, un peu bâclé car pas habitué.

Vers l’ailleurs, dans des royaumes un peu militaires, il faut faire attention aux souris courant après les chats. Bien sûr, il y’a de grandes portes mais, une fois ouvertes, direct on the champ de ruines romaines, avec du plâtre et du fil de fer à détendre. L’originalité de ces portes, c’est qu’elles sont noires : car si tu entres, tu meurs sans sommation. Et tu tombes petit à petit dans l’enfer.

Cependant, sur terre, quand nous sommes en vie, on peut aussi croiser d’horribles araignées noires ou des mygales, alors ce n’est pas vraiment mieux quand on y pense.

Parfois, le Roi du pays des morts est assis sur son fauteuil, boit pépère une tisane et regarde le beau parquet qu’éclaire sa lumière tamisée mais suffisamment forte pour éclairer bien. Il vivote et pensote dans le vague. Un pépère que je vous dis, un vrai pépère. Pourtant il paraît pas comme ça, il est jeune en âge. Mais alors, un de ces joyeux légumes comme on voudrait en croiser plus souvent, car précisons qu’il est bien portant. Les agités l’interpellent dans ses pensées. Il ne les comprend pas et préfère penser à telle ou telle chose chopée au vol.

Parfois, ce vol est un vol de noirs corbeaux hélas comme ceux du dèr des dèr des tableaux de Van Gogh. Il ne s’en plaint pas plus que ça : ça lui fait un décor quand même. Et puis de toutes façons sa pièce est éclairée donc rien n’est si noir que ça en fait.

D’autrefois il s’imagine une atmosphère crapuleuse comme dans un film de gangster, ça pimente un peu l’entre-soi.

Par contre, pour ceux qui veulent que ce Roi vous parle de culottes, de cul, de sexe, de roses, de soleils, de mers et de pays de cocagne ou d’île de rêves, il leur dit d’allumer la télé ou l’ordi’, plus pratique et économe. Mais les gens auxquels ils parlent ne connaissent pas la musique dans laquelle le Roi avance, alors, finalement, il ne donne aucun conseil et profite bien de sa vie de pépère tranquillou et puis c’est tout, relaxou maxou et pense à ton blé, comme les putes et les princesses, les secondes honnies, les premières vampires assoiffées !

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08 février 2019

Invention peu crédible et rétrograde.

Sur un éclat de neige, il m’a semblé reconnaître la couronne de Maître es Ténèbres. Elle naviguait paisiblement vers les funestes pays pauvres, voulant y déposer armes et poisons de toutes sortes. Elle avait aussi des dents de pitbull ou de requin au cas ou on tenterait de la stopper. Couronne funeste donc qui apporte mauvais présages en contrées désœuvrées. L’Afrique n’était pas seule concernée, loin de là. Le poison devrait se propager in fine au monde entier, et j’écris ça parce-que je veux me faire, pour rigoler, une petite place dans scénar’ de fin du monde à l’américaine hollywood actor studio.

Cette couronne de Maître des Ténèbres se balançait sur sa tête vainqueur. Partout où elle brillait, les peuples se soumettaient : pas le choix pour la plupart, mais il y’en avait aussi qui avaient la force de se rebeller, pas facile pour eux, comme pour les juifs en Pologne fut un temps. Comme en Syrie depuis longtemps maintenant.

Comme pour certains poisons cependant, on finit par trouver un remède et ce fût le début d’un temps nouveau.

Un tapis volant de Contes des mille et unes nuits déposa de ci de là des fleurs et des robes blanches de mariées sans mariées, juste comme ça, pour faire joli et remplacer les traditionnels drapeaux blancs annonciateurs de paix. Les hommes mêmes les revêtaient et dansaient dans toutes villes et villages aux sons de musiques à la fois terribles et joyeuses, genre Chostakovitch puisque je suis en plein dedans et que je l’adore, plutôt les Rita Mitsouko pour vous, pas quelque chose de trop pur mais un entre-deux ben marcato et adagio. Du tapis tomba une arche de Noé et mille animaux contents de retrouver terre, of course, as say the Bible (de mon luc).

Il y’eut bientôt des tablettes de chocolat distribués aux habitants, lindt et des escargots de Lanvin, on offrit des montres qui montraient leur aiguille de pic du Midi, des sacs poubelles drôles et mignons d'où sortaient d'adorables têtes de lamantins, des aquariums avec des poissons de la barrière de corail qui paraît-il est toute grisonnante ces temps-ci, enfin bref, le tapis volant était comme une belle flûte en argent soufflant ses mélodies de joies aux estomacs en déshérence à qui voulaient les entendre et se déhancher dessus, folklore et dancing by night obligent, mais après le manger, pour digérer.

Sur la mer, le tapis volant se posait parfois et flottait tout en avançant hardiment vers le max’ d’îles et de terres, histoire de prévenir les habitants qu’avec lui, on était bien, il suffisait de s’y poser et d’y reposer, ou d’y faire un peu de gym ou d’aquagym, au choix bien loin de Maître es Ténèbres.

Et voilà que le tapis devient un personnage plein de richesses, d’opulence, de succesfull stories, il donne et reçoit le bonheur, il donne et reçoit les baisers et les révérences, il n’en ferait pas un peu trop là ?

En tous les cas, de là où je suis, je vois foules en liesse comme après une guerre, la victoire est au bout me dis-je. Et le paradis pas loin. Traçons et suivons cette route de gens du voyage enfin riches, heureux et gentils tous pleins.

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07 février 2019

Poème gaffé comme d'hab' (notamment parce-que j'avais faim)

Saison fraîche et herbages en l’air. L’histoire est tellement « moltonel épaisseur triple », si tu te rappelles la pub. J’ai vu que le festin offert était composé de pâtes d’amandes, un peu trop en quantité à mon goût. Il aurait fallu un peu plus de voyages dans les hôtels pourris, miteux et offerts à l’appétit des cafards. Mais la chambre était rose pétante comme une poupée Barbie, alors on a plongé dans les draps triple épaisseur et on s’y est engouffrés avec nos lunettes d’explorateurs, c’était comme aller au centre de la terre, c’était comme ceux qui s’enfoncent dans les gorges du Verdon ou dans les grottes quelconques et qui s’y retrouvent coincés : d’où la claustrophobie.

Je t’ai préparé des frites : j’espère que tu vas les aimer. Elles sont dorées comme le soleil. Car le rose pétant s’accompagne de jaune pétant. Après on ira manger ça dans l’herbe : verte pétante. Le tableau sera complet. En entrée, je voudrais des œufs mayonnaise. Dur de finir un poème quand on a faim. Vous aviez deviné que j’avais faim ? Mince, je me suis fait pincer comme un vulgaire écolier fanfreluche.

J’ai aussi mis le mode sommeil sur l’écran ce qui fait qu’il a une légère teinte jaune et ça me dérange un peu pour écrire comme je voudrais.

Qu’à cela ne tienne, je mets mon slip de bain et je vais faire une brasse dans la piscine de la villa des Anges de la téléréalité (de mon cul).

Penses-tu qu’il y’a là-haut des bonbons sucrés qui nous attendent, en plus des poupées Barbie et du soleil. Je suis aussi vaporeux qu’une vapoteuse, et lessivé comme une essoreuse qui sèche la salade à pleine vitesse par la seule force de la main cuisinière de la princesse d’Angleterre : c’est elle je crois qui est un peu poupée Barbie. On la traîne de place en place comme toutes ces bourgeoises inutilement protocolaires, à peu près autant que les politiciens qui vivent dans de bizarres palais visibles seulement de caméramans autorisés accompagnateurs de mes couilles (les partis politiques).

Mais je m’égare derechef et j’aime ça d’ailleurs, ça me fait picorer un peu partout où je veux, comme l’abeille butineuse.

Cet écran jauni pour endormir les yeux et combattre le bleu addictif du faisceau laser de l’ordi me trouble un max’.

Ça m’embête vraiment de continuer ce poème : j’ai de plus en plus faim. Que pourrais-je bien m’enfiler dans l’estomac ? Pâtes sardines ? Oui, ça me dit. En plus, le poème arrive à sa fin ;

Arrive à sa fin avec son cargo qui veut décharger toutes les marchandises plus vite que le temps de travail salarial ne le permet. A peine est-il à quai qu’il s’encastre dedans et envoie ses colis à coups de catapulte marine, ceux-ci tombent sur le port et se cassent en mille morceaux. C’est comme la vie vers la fin, ça se casse en mille morceaux aussi. Impossible de recomposer le puzzle décousu de son corps pourrissant. Bien dommage, il y’avait tant de promesses : bleu de mer, rose fuchsia, jaune poussin, vert de la vie et transparence de l’air à bouffer tant qu’à la fin, y’en a plus, mais alors plus du tout.

Bon appétit quand même en attendant.

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06 février 2019

Poème un peu parti en couilles, je l'avoue.

Allongeons-nous un instant ici, Douce poétesse en herbe. Câlinons-nous les cheveux, câlinons-nous le chou, câlinons-nous les poils de nos bras et de nos fausses moustaches, oui, câlinons nos défauts de nous seuls connus. C’est charmant, jamais début de nuit ne fût plus rêveusement loyale, respectueuse et folichonne tout à la fois. Nous vieillissons comme de vrais professionnels tous les deux. J’aime tellement ton âge de maturité, ta quarantaine, et j’ai hâte de rencontrer ta cinquantaine ainsi que ta soixantaine et plus encore, si Amour-shampoing-doux-cajoline le veux bien, notre Deus corpus à nous, ce sont les plongées du soir, après un lourd travail, chacun de nous deux endolori par l’effort humain, la lumière transcendantale des époques à tout-va des écrans à tout-va.

J’ai crapahuté dur lorsque j’étais guerrier et j’en garde de mémorables souvenirs que je ravive par des circonvolutions charnelles un peu étranges.

Au septième ciel, je n’ai vu que des emmerdeurs je crois. Un par-là, un par-ci ; et j’ai fait demi-tour quand la fée du logis que tu es me l’a demandé. J’ai passé la serpillère avec toi, tu m’as écouté chanter et tu as lu mes poèmes ; ensuite, on a aidé des vieux, puis des pauvres, puis des cons, puis des frimeurs, puis des modestes. On a aidé un peu tout le monde moi et elle. On est revenus vraiment comme d’un long voyage exotique de tout ce qu’on a pu donner aux uns et aux autres. On était alors chargés de pensées agréables, tangiblement autant que triomphalement sublimes, notre vie était à un stade égoïstement suprême pourtant, et il nous fallait revenir à nous.

Il fallait que je reprenne mes lectures et toi les tiennes, que j’aille dans mes lieux aimés et toi dans les tiens, que je me berce de fioritures et de vague-à-l ’âme, et toi de fioritures et de poissons frits.

Je crois bien que je m’égare : buvons cette bouteille de champagne et vivons de son effet sur nos cervelles trop fraîches de vivants, débouche-là et qu’elle gicle : que le bouchon parte très loin et casse même un objet quelconque de notre maisonnée.

Je vois un panda tout rouge au milieu des vallées : il court et s’amuse, bouffe son morceau de bambou sans s’arrêter jamais. Il y’a aussi chameaux et droma en Ukraine : en ce pays de l’est maintenant, il fait toujours chaud comme en un désert, en plus des Apollons mâles et femelles qu’on y trouve très facilement et souvent, comme en Suède aussi, 1 m 80, corps de rêves. Ah comme je m’en fiche ! La cinquantenaire peut être si belle quand elle est à point, et l’homme du même âge si moche, et réciproquement. Non, je veux voir des chevaux courir dans les landes désertes, des soleils en terres russes, et la fin de la misère par la résurrection de Mère Thérèsa,

Je veux un enivrement de montagnes, une cuisse d’éléphant sur mon corps, comme prothèse et une urne plus haute que la tour de Babel, pour mes cendres de mort.

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04 février 2019

Je ne veux rien (Pessoa).

Douceur caressante, qui ne blesse pas, un vrai yacht sur les mers. J’aimerais y vivre longtemps. J’y poserais ma couche délicate et l’on me chantera des berceuses. Tous les esclaves chanteront pour se donner du cœur à l’ouvrage. Ça pèse son lot de tristesses : une tonne de bave de cachalot et de baleine ensemble sur la poitrine. Dans les profondeurs, pas de lumières ou si peu. Les abysses, comme d’habitude. Une bien belle anguille fait son apparition. Elle aussi très baveuse, je la lèche comme on lècherait une limace ou un escargot. C’est sans doute pour dessécher mon corps suant.

Je continue de pleurer, j’avance en même temps et tous ceux que je croise font de même : larmes aux yeux, larmes aux yeux. Si c’était la fin du monde, ils pousseraient sûrement des cris d’épouvante. Mais non, résignation partout, action nulle part. Là-dessus, moi et mes compatriotes de rêveries, on s’entend bien.

Le soleil n’égaye pas, pas ici du moins. Il a beau s’élever majestueusement et pétarader dans les airs, mouchoirs s’entassent sur les trottoirs. Il n’y a que des épaules baissées. Personne ne les hausse : à quoi bon les hausserait-on ? A quoi bon se tiendrait-on droit ici où les Empires, les royautés, les démocraties et les dictatures mêmes sont toutes mortes. A quoi bon servirait-on des sourires à rien puisque rien est l’avenir ?

On aime aller à tous les points d’eaux pour y ajouter nos larmes et faire déborder fontaines, lacs, étangs et piscines. C’est un vrai plaisir. Toute la terre où l’on marche est faite de piques, d’arcs avec flèches, de fouets, de vinaigre dans le vin, de tapages nocturnes incessants, d’infrastructures démembrées.

C’est donc le pays des pleurs. Le brouillard s’amasse, la brume s’amasse, le crachin nous colle et hante nos jours.

Alors, on monte et on part sur le bateau qui emmène ailleurs. C’est un peu Pirate des Caraïbes, tempêtes, flots remués, vagues qui submergent.

Puis on nous pousse sur une barque. Barque sur l’Océan, de Ravel. Sommes un peu migrants sur la méditerranée soudain.

Le soleil est là maintenant. Sommes parvenus à un autre endroit. Un lagon, une verdure, d’autres gens, fantaisistes, marcheurs, fougueux même, rêveurs aussi eux aussi. Les bons sauvages de Bougainville ? Meuh !

Des appels de portables partout ! Des trains et des locomotives sifflants ! Des farandoles dans tous les quartiers ! Des gens forts, énormes, gros mangeurs, gros râleurs, affairés, stressés, concentrés sur quoi ? Sur rien. Comme au pays pluvieux des larmes collectives, le pays soleil des joies collectives tambourine et tambourine mais sur rien. Le nord, le sud. Notre bonne vieille France quoi.

 

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